Partir, c'est mourir un peu, mais mourir, c'est partir beaucoup.
[Alphonse Allais]
Eh oui, je sais ! Je suis à Prague et je ne donne plus aucune nouvelle...
Ne croyez pas que je n'ai rien à raconter, non en fait c'est plutôt le contraire.
Ici, je vis un truc de magique, tout se passe très bien, mieux que je ne l'aurais pus imaginer en partant et cela même en étant le plus optimiste possible.
Mais revenons au début... Le 21/09/2008 lorsque j'attends le bus à Nancy qui doit m'emmener à Prague.
J'arrive une demi-heure en avance, personne ne semble attendre un bus excepté moi jusqu'à ce qu'une fille arrive.
Mon chéri va lui demander si elle attend le bus, elle répond que oui et qu'elle va à Varsovie. On se dit que le bus doit faire plusieurs arrêts...
Finalement il arrive, la fille demande pour moi au chauffeur (qui ne parlait pas français) si c'est le bon bus pour Prague. IL répond que oui avec un changement à Strasbourg.
Ok, c'est cool d'être prévenu que maintenant d'un changement...
Le bus est tout petit, bondé et personne ne parle un seul mot de français, ça commence bien... Finalement à Strasbourg je descends, un mec m'appelle par mon nom et me désigne un bus où je dois monter. Il me dit que j'ai du arriver en retard (...) et que j'ai loupé le bon bus.
Bon finalement j'attéris donc dans le bon bus qui lui, est beaucoup plus confortable et moderne.
On arrive à cinq heures du matin au lieu des six heures prévues. Je descends, je n'ai aucune couronne tchèque, la monnaie nationale. Je rencontre deux français qui viennent aussi faire leurs études à trois cents kilomètres de Prague. On prend le métro ensemble, la fille m'offre même le ticket !
Je ne connais même pas l'adresse de la fac, j'ai juste lu sur leur site qu'il fallait prendre le métro jusqu'à Dejvicka et qu'après je dois prendre le bus 107 ou 147. Je prends donc le métro, je m'arrête à Dejvicka et là, c'est un peu la panique parce que je sais pas du tout où prendre le bus moi...
Il est 5h45, il fait froid, je suis naze, je suis dans un pays que je ne connais pas, les gens n'ont pas l'air d'être très conviviaux avec les étrangers et je dois porter 50 kilos de valises...
Finalement on m'indique un arrêt, j'essaie de monter le plus vite possible mes valises et je m'assois là sans avoir rien payé et sans vraiment trop savoir où j'allais...
Je ne sais qui veille sur moi mais comme par miracle, je descends au bon arrêt. Je trouve la fac ou plutôt le campus, une vraie ville avec deux bars (dont le bar qui vend en moyenne le plus de litres de bière par jour en République tchèque), une boite de nuit, une cafétéria, un RU, trois épiceries...
Le problème c'est que croyez-moi, un campus à 6h30 alors que les cours ne commencent qu'une semaine plus tard, c'est vide...
Il n'y a personne mais heureusement, les portes de la fac sont ouvertes. Alors je m'assois et j'attends, en regardant des épisodes d'Angel sur mon Ipod.
A 9h, je trouve enfin quelqu'un qui peut me renseigner. Il faut d'abord s'enregistrer, c'est là que je rencontre ma première amie ici, une autrichienne.
Ensuite aller voir Eva, la coordinatrice Erasmus que je ne connais que via mail. Une blonde aux seins prêts à exploser : « Welcome in Praha ! »
Pour finir, il faut aller payer la caution, le loyer, mettre internet... Je n'en peux vraiment plus...Mes mains n'arrêtent pas de trembler sans que je puisse les contrôler. Je me dis qu'il doit être 18h, plus que quelques heures à tenir et ça sera bon, je pourrai dormir. Je regarde l'heure et il n'est que 10h30.
Je prends le bus, il faut que je fasse quelque chose. Je vais acheter une carte téléphonique et pour 8 euros, je peux téléphoner pendant une minute à ma mère et mon chéri.
Je raccroche et là je pleure, juste comme ça. Il y a toute une tension qui s'était installée jusque là sans que je m'en rende compte. En gros la question que je me pose c'est « mais dans quel merdier tu t'es foutu ? ».
Je me dis que je ne tiendrai jamais ici plus de quatre mois, que ça va être trop dur, je regrette d'être venu ici, d'avoir voulu faire Erasmus...
Je m'assois sur un banc le temps de reprendre mes esprits.
Je ne sais vraiment pas où aller, je ne sais même pas où est le centre ville ici !
Je retourne à la fac, je rentre dans ma chambre (ou plutôt dans mon placard) et je reste sur internet.
Je suis seul dans la chambre, mon coloc roumain ne doit venir que le lendemain matin a 5h
Je suis épuisé, la première journée ici n'a pas été de tout repos...